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Les torchères de la salle de Bal

Le mariage du duc d’Orléans dans la salle de Bal
Torchères dégradées avant restauration
Torchères en restauration
Torchère restaurée
Détail d’une torchère
Accrochage des bras de lumières sur la tribune


Grâce à de généreux mécènes, le château de Fontainebleau procède depuis 2014 à la restauration des luminaires de la salle de Bal issus des aménagement prévus sous le règne de Louis-Philippe.

C’est en effet sous le règne de Louis-Philippe que l’on se soucia d’intervenir sur le décor de la salle : le plafond fut alors très fortement restauré, le lambris refait, le parquet créé. Les fresques, quant à elles, firent l’objet d’une restauration par Jean Alaux qui compléta des manques parfois importants à partir de gravures anciennes et qui repeignit de grandes plages du décor. La restauration de la salle fut terminée en 1837, pour le mariage du duc d’Orléans. Elle fut complétée par un dispositif d’éclairage particulièrement imposant composé de lustres, de bras de lumières et de torchères dans le goût néo-Renaissance.

Les torchères sont enregistrées sur les inventaires du château en 1839 (inv. F 18373) après avoir été fournies par Callix fils d’après les ordres de Dubreuil, architecte des Bâtiments de la Couronne sous Louis-Philippe. Elles étaient destinées à la "galerie Louis-Philippe", c’est-à-dire la Salle des Colonnes, aménagée sous la salle de Bal. Apparemment, 8 torchères sont livrées : 6 intégralement dorées, avec leurs socles, et deux non dorées (inv F 18374), sans socle, vraisemblablement en cas d’accident.

Les 8 torchères dorées sont mentionnées dans le mémoire de l’entrepreneur, mais seulement 6 (les dorées) servent dans la salle des Colonnes (visibles sur la plaque de porcelaine du coffret de la duchesse d’Orléans). Elles sont mentionnées à cet emplacement dans les différents inventaires du palais : en 1855 (inv. F 759) et en 1894 (inv. F 1293 C).

Voici la description de ces objets en 1894 :

"6 Candélabres en bois et fer, avec décor en carton-pierre à treize lumières sur deux gradations, composés de : un socle triangulaire, un piédouche hexagone avec trois enfants supportant un pied rond, tige à colonne, ornée de cannelures torses ; au-dessus un vase portant neuf branches à col de cygne avec bobèches, en forme de têtes de satyres ; les quatre autres branches formant la deuxième gradation sont munies d’un rameau à fleuron ; au-dessus une coupe pour recevoir une lampe".

Les candélabres supportaient 12 bougies et, au centre du bouquet, un piédouche pour une lampe à huile fonctionnant avec un mécanisme de type Carcel.

Les torchères ont été utilisées pour diverses réceptions dans la salle de Bal, où elles offraient effectivement un accord particulier avec le décor de la Renaissance et les lustres et grands bras de lumière en bronze inspirés des créations du XVIe siècle.

Elles semblent avoir subi rapidement des accidents car elles sont considérées en mauvais état en 1894. Remisées dans les réserves du château, les torchères se sont dégradées et décomposées en de multiples pièces.

Des torchères en carton-pierre

La technique du carton-pierre est relativement ancienne puisqu’elle est utilisée au moins dès le règne de Louis XIV pour réaliser à moindre coût des ornements. Il s’agit souvent d’un mélange de papier, de filasse, parfois d’un peu de plâtre. Cet amalgame permet de réaliser aisément des moulages, notamment des petites consoles pour les corniches, qui ont l’avantage d’être assez léger et de pouvoir donner l’illusion d’être sculptés une fois dorés ou peints couleur pierre.

La réalisation de Callix fils pour Fontainebleau est nettement plus ambitieuse car les torchères mesurent près de 2 m de haut, elles sont en ronde-bosse et très développées en circonférence. Un axe central en bois et en fer assure la rigidité de l’ensemble. De même, dans les bras supportant les bobèches pour les bougies, des fils de fer assurent la résistance du carton-pierre.

L’étude de la restauration et l’intervention programmée sur une torchère a permis de mieux appréhender ce matériau très en vogue à partir des années 1830 et de renforcer le goût historiciste qui s’exprime dans l’aménagement de la salle de Bal sous Louis-Philippe.

Les six torchères ont pu être restaurées et réinstallées dans la salle de Bal grâce au généreux mécénat de :

Monsieur Nathanaël SALLES
Monsieur et Madame Jean-Claude SALLES
Les Amis du château de Fontainebleau.

Le château tient à les remercier très chaleureusement pour leur contribution.


Le programme de travaux va se poursuivre avec la restauration des bras de lumières de la tribune des musiciens, ceux de la cheminée monumentale ainsi que le nettoyage des lustres des arcades.

La restauration des imposants bras de lumières accrochés aux consoles des arcades est quant à elle à l’étude.

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